Saison 2009-2010


 

Immagini

Théâtre de St Quentin en Yvelines - Festival Ile de découvertes - 8 mai 2010, 17h

  • L. Francesconi : Impulse, pour clarinette, violon et piano
  • A. Mengel : Foggy Swing - création mondiale, pour hautbois, clarinette, saxophone, cor, alto, violoncelle et contrebasse
  • K. Saariaho : Cendres, pour flûte, violoncelle et piano
  • I. Fedele : Immagini da Escher, pour flûte, clarinette, violon, violoncelle, percussion et piano

    Jérémie Fèvre, flûte - Pierre Dutrieu, clarinette - Nicolas Miribel, violon - Renaud Déjardin, violoncelle - Jean-Marie Cottet, piano
    Jean Deroyer, direction


  •   M. C. Escher

    La référence à l’image, la peinture et  la couleur est souvent présente dans la musique.

    Luca francesconi nous dit que dans Impluse II, il tente de rendre, le plus clairement possible, aussi perceptiblement que le geste d’un peintre, un processus de transformation mené d’un seul grand “coup d’archet” formel. Pièce de jeunesse, brillante, colorée, dans laquelle l’énergie initiale se résoud en un grand rallentando dans l’espace et le temps

    Sans que les tableaux de Fernand Léger comme « Les disques », « La roue rouge », « Élément mécanique » aient été une source d’inspiration pour Annette Mengel, ils donnent du moins une idée de l’objectif du  compositeur : dans « Foggy Swing », elle tente d’intégrer des formes linéaires et circulaires.  Le temps linéaire se concrétise ici par des suites de durées croissantes ou décroissantes, la directionnalité de ces processus étant soulignée par l’emploi récurrent de lignes ascendantes sur une échelle fixe non octaviante. Les moments de temps circulaire eux, cherchent à évoquer le « Swing », cette notion mystérieuse, impossible à définir, provenant de l’univers du jazz, alchimie difficile à obtenir par l’écriture et qui demande aux musiciens une précision rythmique se rapprochant des prouesses des jazzmen. Enfin, « foggy » se réfère à la couleur, encore. Nuageuses ou rauques, plutôt boueuses, rarement tendres pastels, les couleurs restent sombres, entravant la joie, la possibilité de s’en sortir...

    Les  couleurs, le timbre,  demeurent aussi les repères centraux de l’œuvre de Kaija Saariaho.
    Dans « Cendres », pièce composée à partir du matériau de son double concerto pour flûte, violoncelle et orchestre, elle oscille entre deux types d’attitudes pour créer la tension musicale : soit les instruments sont écrits de manière à sembler très proches les uns des autres  que ce soit sur le plan des hauteurs mais aussi des rythmes, de l’articulation, de la couleur, soit au contraire, ils sont pris chacun pour ce qu’ils ont de plus caractéristique, d’idiomatique. Entre ces deux possibilités, un fil sur lequel se balance le compositeur, conscient des multiples possibilités qui s’offrent à lui pour passer d’une perception à l’autre.

    Nous retrouvons cette allusion au franchissement du seuil et au visuel avec le titre de la pièce d’Ivan Fedele qui fait référence aux dessins de Maurits Cornelis Escher dans lesquels se pose, entre autres questions, celle du passage de la perception d’un objet à un autre.
    Immagini da Escher est inspirée de principes mathématiques, géométriques et figuratifs. Escher a souvent utilisé les représentations géométriques de Möbius (particulièrement son fameux ruban, pour réaliser des paradoxes visuels multidimensionnels où les concepts de début et de fin semblent n’avoir aucune signification spatiale) A partir de ces spéculations, la pièce, conçue comme un commentaire sur Möbius, donne de nombreuses suggestions imaginatives qui transfèrent la signification géométrique et figurative dans la dimension esthétique et poétique du son. Elle est divisée en sections imbriquées les unes dans les autres sans coupures perceptibles entre elles et sa dialectique provient de la fusion et de la désintégration. Pièce en transformation perpétuelle conçue sans commencement ni fin, mais plus simplement comme une série d’instances d’un flux continu que le compositeur observe ici et là.


    Informations pratiques :
    Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, Place Georges Pompidou, BP 317 Montigny-le-Bretonneux, 78054 Saint-Quentin-en-Yvelines
    Entrée libre - Réservations par tél au 01 30 96 99 00 ou par mail à: accueilarobasetsqy.org
    Plan d'accès : http://www.theatresqy.org/


    Coproduction Festival Ile de découvertes - Ensemble Court-circuit, avec le soutien de Renew Music Project.

    2007-2010 - Gilles Pouessel