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Vilnius, Théâtre Sokio - Festival Gaïda - 28 octobre 2009, 19h
John Eckhardt, guitare basse électrique |
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Luis Buñuel, qui découvrit sa vocation de cinéaste en voyant le film de Lang, a déclaré qu'il y avait deux Métropolis : d'une part une histoire relativement inintéressante (qui, selon Matalon, obéit à la logique de la symphonie romantique) et, d'autre part, un poème visuel, une merveille de l'art plastique, susceptible, selon le maître espagnol, de "combler toutes les expectatives du spectateur". Matalon a fait sien ce point de vue. C'est au "second film" , à l'aspect visuel de l'oeuvre, qu'il s'est attaché. Après avoir effectué un découpage de vingt scènes, il a cherché en chacune d'elles ce que le rythme du montage et de l'image, le jeu des ombres et des lumières, la plastique et la composition picturale y évoquaient sur le plan musical. Ceci fait, il a étudié la forme globale de l'oeuvre musicale et s'est efforcé d'équilibrer les
relations entre tension et distension, densité et légereté, complémentarité et divergence.
La partition tente d'exploiter toutes les relations possibles entre musique et image. Celles-ci vont du parallélisme à la divergence totale. A chaque objet plastique est attribuée une correspondance sonore, faite de "véritables figures dans l'espace auditif : axes croisés, rotations en mouvements contraires, qui s'éloignent puis se rapprochent avec des vélocités différentes". En revanche, la scène de l'inondation, violente, dynamique et populeuse, se déroule, contre toute attente, dans une atmosphère musicale statique et intériorisée…
L'orchestration participe également de cette logique de complémentarité. Elle allège l'atmosphère expressionniste du film en intégrant aux instruments de l'orchestre des timbres ou des modes de jeux provenant d'autres styles tels que le jazz. La caractérisation des personnages, qui refuse tout systématisme, est assurée par l'orchestration et non par le leitmotiv traditionnel. La fretless basse est parfois associée a Freder, le son pur de la guitare électrique à Maria, et sa distorsion à son double maléfique.
L'électronique joue un rôle primordial dans l'instrumentation. Par un jeu de trompe-l'oeil musical, elle s'enchevêtre au domaine acoustique, parfois jusqu'à la confusion. Il lui arrive de démultiplier et d'élargir les possibilités du champ instrumental. Ainsi, un solo de violoncelle se voit refracté dans une multitude de violoncelles virtuels. Enfin, la spatialisation du son en quatre points ouvre une nouvelle dimension en offrant au compositeur un paramètre formel riche en possibilités.
Pascal Ianco
Informations pratiques :
Festival Gaïda : Vilnius Festival
Avec le soutien de CulturesFrance dans le cadre du festival Baltic Sounds French
